Honduras : les putschistes soutenus par les USA ne semblent pas vouloir réintégrer Zelaya au pouvoir.

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Comme nous en parlions en début de semaine (voir Zelaya restitué ? C’est loin d’être gagné) la restitution de Zelaya au pouvoir est loin d’être acquise, d’autant plus que les États-Unis jouent un jeu de plus en plus trouble. La presse hondurienne pro-putschiste nous en donne un aperçu :

La titularisation de l’Exécutif “continera comme cela, elle suivra monsieur le président Micheletti jusqu’à ce qu’il décide ce qui correspond au point 5" a déclaré Vilma Morales, porte-parole de la délégation représentant le gouvernement de facto dans les nécogiations afin d’appliquer le pacte.

Dans une interview pour CNN Thomas Shannon, Sous-Secrétaire d’État des États-Unis pour ce qui touche l’Amérique Latine, a déclaré que la réintégration du chef d’État ne fait pas parti de la phase de formation du Gouvernement d’Unité Nationale et que la communauté internationale peut accompagner les responsables.

Micheletti prétend diriger le Gouvernement d’Unité Nationale

_ Le Président, Roberto Micheletti, cherche à être à la tête du Gouvernement d’Unité Nationale qui suivant l’Accord Tegucigalpa-San José il faut installer demain, jeudi 5 novembre, jusqu’à ce que le Congrès se décide sur la restitution de Manuel Zelaya.

Micheletti, a envoyé une lettre au président destitué, Manuel Zelaya, et aux candidats présidentiels en sollicitant des propositions pour le Gouvernement d’Unité qui doit entrer en fonction demain.

Dans cette lettre, il demande à Zelaya “de fournir sans retard une liste de dix citoyens” pour “faire la sélection des services publics qui à partir du 6 novembre auront à composer avec le Gouvernement d’Unité et de Réconciliation Nationale”, a indiqué une conseillère de communication de Micheletti.

La lettre est signée par le ministre de la Présidence de l’Exécutif, Rafael Pineda Ponce, et elle a été &galement envoyée aux cinq candidats à la présidence dans les élections du 29 novembre prochain et à deux organismes de la société civile.

Un Gouvernement d’Unité

L’intention de Micheletti est d’ajuster lui même le “Gouvernement d’Unité et de Réconciliation Nationale” qui doit entrer dans en fonction au plus tard demain, selon le premier point de l’Accord Tegucigalpa-San José, souscrit entre le président destitué et le président de facto vendredi passé.
_ La titularisation de l’Exécutif “continera comme cela, elle suivra monsieur le président Micheletti jusqu’à ce qu’il décide ce qui correspond au point 5" a déclaré Vilma Morales, porte-parole de la délégation représentant le gouvernement de facto dans les nécogiations afin d’appliquer le pacte.

“Pour l’instant le sujet n’est pas réellement le président de la République, c’est plutôt tout ce qui tourne autour de qui ajuste le Cabinet du Gouvernement”, a affirmé Morales.

“L’exécutif est un autre point, le point 5, qui définit clairement qu’il y a un organe de décision qui correspond bien sûr au Congrès National et que, d’un commun accord, les commissions ont décidé que c’était le Congrès”, a-t-il ajouté.

La porte-parole de la commission de négociation de Micheletti a indiqué que pour l’élection des membres du Gouvernement d’Unité “il doit y avoir un échange de points de vue pour que puisse s’établir un équlibre et que cela s’accomplisse en respectant la conciliation présente dans l’esprit et le contenu de l’accord”.

Cependant, elle a souligné que l’Accord Tegucigalpa-San José établit uniquement que le Gouvernement d’Unité doit “être composés des représentants des divers partis et organisations sociales”.

Pour Morales, ce sera la Commission de Vérification qui verra ”ce qu’est un Gouvernement de Réconciliation et la participation des secteurs mentionnés dans la première clause de l’accord”.

De son côté Zelaya interprète que c’est lui qui doit être en tête du Gouvernement d’Unité, pour lequel il doit avoir été restitué à la charge présidentielle jeudi par le Congrès hondurien, à qui les signataires du pacte ont demandé qu’il se prononce sur ce sujet.

Pas de convocation du Congrès

Le Congrès n’a pas encore convoqué pour une réunion plénière afin de débattre au sujet [NDT : de la restitution], en revanche hier son équipe de direction a décidée de consulter préalablement la Cour Suprême de Justice, le Procureur Général, le Ministère Public et le Commissaire National aux Droits de l’homme sans leur spécifier un délai pour qu’ils rendent un rapport.

“Celui qui les nomme (les membres du Gouvernement d’Unité) c’est le président”, a assuré Kenia Lima, un membre de l’équipe de communication de la présidence de facto.

Le conseiller a confirmé que cette lettre a été envoyée à l’ex-président “par courtoisie”, puisque, “l’accord ne disait pas qu’il fallait consulter Zelaya parce qu’il est spécifié que l’on doit s’adresser ‘aux partis politiques et à la société’ et Zelaya n’est pas le président du Parti Libéral”.

En plus des partis politiques, le gouvernement a aussi consulté les organismes civils du Fond National de Convergence et de l’Union Civique Démocratique qui représentent des secteurs des entreprises privées, des partis politiques traditionnels, religieux et de professionnels semblables à Micheletti [NDT : donc le patronnat].

La lettre n’a cependant pas été envoyée au Front National de Résistance, un mouvement façonné par différentes organisations civiles et politiques qui exigeait le retour de Zelaya au pouvoir lors de manifestations, parce que “légalement, il n’existe pas”.

“Ce que l’on va faire maintenant, c’est revoir tout cela et voir quels sont les gens qui ont une aptitude pour occuper ces postes” au sein du Gouvernement d’Unité, a ajouté Lima.
Lette envoyée "par courtoisie" à Zelaya

Zelaya dénonce la position des États-Unis sur le coup d’État

Le président constitutionnel du Honduras, Manuel Zelaya, a fait remarquer que les États-Unis cherchent à reconnaître les élections honduriennes, sans condamner le coup d’État ni résoudre la crise profonde qu’affronte aujourd’hui son pays.

Zelaya a alerté sur les déclarations de Thomas Shannon, Sous-Secrétaire d’État des États-Unis pour ce qui touche l’Amérique Latine, selon qui la formation d’un gouvernement d’unité au Honduras n’a rien à voir avec la restitution du président déchu.

La semaine dernière, sous l’observation de Shannon, des représentants du gouvernement constitutionnel et du régime de Roberto Micheletti ont signé un accord pour sortir de la crise générée par le coup de force militaire du 28 juin.

L’accord pose la soumission au vote du Congrès la restitution de Zelaya à la présidence, comme l’un des points cruciaux pour obtenir le retour à la constitutionnalité.

Il inclut aussi la formation d’un gouvernement de réconciliation nationale, le rejet de l’amnistie pour les délits politiques, le renoncement à la convocation à l’une constituante et la reconnaissance des élections du 29 novembre prochain, entre autres points.

Cependant, dans une interview pour CNN, Shannon a dit que la réintégration du chef d’État ne fait pas parti de la phase de formation du Gouvernement d’Unité Nationale et que la communauté internationale peut accompagner les responsables.

Zelaya, qui depuis son retour au pays se trouve cloîtré dans l’ambassade du Brésil, a envoyé une lettre à Hillary Clinton, Secrétaire d’État des États-Unis, dans lauqelle il lui demande d’éclaircir sa position sur ce sujet car elle contrendit ce qui a été convenu le 30 octobre dernier [NDT : lors de la mise en place de l’Accord Tegucigalpa-San José].

Malgré ce qui est établi dans les accords le chef du régime conjuré organise le gouvernement qui devra sera installé demain [NDT : ce jeudi 5 noveùbre 2009], alors que tout indique que Zelaya ne pourra pas le présider parce que le Congrès en a reporté le vote.

Comme il est convenu l’équipe de dirigeant le Parlement demandera l’opinion de la Cour Suprême, du Ministère Public, et à d’autres institutions qui ont appuyé le putsch, avant de présenter l’accord en scéance plénière
de le porter au plénier.

Un tel procédé, en plus d’être inconstitutionnel, est un subterfuge pour détruire les efforts et les initiatives qui ont été prise jusqu’à présent pour réparer la rupture institutionnelle conséquente au putsch, remarque aujourd’hui le quotidien El Tiempo.

Source :
La Tribuna (journal hondurien pro-putschiste)
Synthèse reçu par mail du réseau de Développement Soutenable
Dans ce texte des extraits d’e l’article Zelaya pide a EEUU aclarar si ha cambiado su posición de El Tiempo (journal hondurien pro-putchiste)
[NDT : pour savoir à qui appartiennent ces journaux voir l’article Qui appuie Micheletti et le gouvernement de facto ?]
Traduction : Primitivi