Equateur : Correa propose une loi d’expropriation pétrolière

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Samedi dernier, le président de l’Équateur, Rafael Correa, a proposé une loi qui faciliterait l’expropriation des champs pétroliers des entreprises étrangères qui ne changent pas leurs contrats de participation pour des nouveaux accords de prestation de services.

Correa veut faciliter l’expropriation des champs pétroliers.

"J’ai déjà dit que notre patience sur ce sujet est épuisée, les groupes pétroliers se jouent de nous" a déclaré Correa suivant Efe.

Il a ajouté que "Dans les prochaines semaines il va y avoir des actions très importantes. Une loi va passer devant l’Assemblée, loi qui facilitera les expropriations des groupes pétroliers des concessions pétrolifères qu’elles occupent si elles ne veulent pas signer les nouveaux contrats de prestation de services".

La liste des entreprises étrangères opérant en Équateur inclue des entreprises telles que l’espagnole Repsol, la chinoise CNOOC, la brésilienne Petrobrás et l’italienne Eni.

Le nouveau modèle de contrats “remplacerait l’actuel contrat de participation entre les compagnies et l’État, dans lequel l’entreprise qui extrait le pétrole conserve une grande partie du brut extrait, qui peut monter jusqu’à 80% de la production dans certains cas”, selon Paúl Mena Erazo, collaborateur de BBC Monde en Équateur.

Les relations entre le gouvernement de Correa et ces multinationales est très tendu tandis que d’un autre côté il essaie également d’obtenir un appui international pour le projet environnemental Yasuní. Une initiative originale qui tente de maintenir environ 850 millions de barils de brut inexploité sous terre en échange d’un soutien d’environ 350 millions de dollars [1]

Selon Mena Erazo "Le gouvernement équatorien espère des contributions de la part des pays arabes et d’autres nations de la région à cette initiative".

Source : BBC Monde "Correa propone ley de expropiación petrolera"
Traduction : Primitivi


[1L’objectif de la proposition est de résoudre de manière créative la menace que représente l’extraction du pétrole du projet ITT, localisé dans un lieu hautement vulnérable, le Parc National Yasuní, avec un effet positif sur la conservation de la biodiversité, la réduction des émissions de CO2 et le respect des droits des peuples indigènes et leur mode de vie.

Le Président de la République de l’Équateur, Rafael Correa, a déclaré que le meilleur choix pour le pays est de laisser le pétrole brut dans le sous-sol. Pour cela, il faudrait mobiliser la société nationale et internationale pour soutenir l’État équatorien dans l’application de cette coûteuse décision nationale (60% des revenus de l’État provenant de l’exploitation pétrolière). L’objectif du gouvernement est de cumuler par ce moyen 50% des revenus qu’il obtiendrait par l’extraction du pétrole de ce projet.

La procédure consiste en l’émission de bons par l’État pour le pétrole qui restera "in situ", avec le double engagement de ne jamais extraire ce pétrole et de protéger le Parc National Yasuní.

Il est important de prendre en compte le fait que, en cas d’exploitation de l’ITT, l’État recevrait 350 millions de dollars pendant 10 ans à partir de la 6ème année, et ensuite cette somme diminuerait chaque année. On cherche à générer une alternative qui permette à l’État de percevoir 50% de ces revenus, sous forme d’une rente permanente.

Ces sommes seraient destinées à des activités qui libèreront le pays de la dépendance des exportations et importations, et qui consolideraient sa souveraineté alimentaire.

Voir le site Sos Yasuni pour plus d’informations.

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