Amériques : Les informations des peuples indigènes au 05/12/09

(Le résumé en VO au format mp3 à la fin de l’article)
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Servindi, 5 décembre, 2009. - Nous présentons notre habituel micro informatif le "Monde Indigène Jour après jour" avec notre résumé hebdomadaire d’infos que nous autorisons à reproduire librement par tout média : Internet, radio, porte-voix, haut-parleur, etc.

Monde : Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais) alerte que la température moyenne de la Terre pourrait monter de plus 1,1 à plus de 6,4°C en 2100, avec une valeur moyenne “comprise avec plus de sécurité” entre +1,8 et + 4°C .
“Une augmentation de 4 degrés en moyenne de la température de la planète, avant 2100, est quelque chose “de très probable” ont-ils , ce qui causerait des phénomènes comme le réduction de l’Amazonie, des inondations en Asie, des incendies en Australie et l’exode de millions de personnes”.

Réduction d’Émissions liées à la Déforestation et la Dégradation : Le Groupe International de Travail sur les Sujets Indigènes (IWGIA) a consacré la dernière édition de sa revue les Sujets Indigènes au thème : La REDD et les Peuples Indigènes.
La REDD se réfère aux programmes ou aux mécanismes pour la Réduction d’Émissions liées à la Déforestation et la Dégradation prévus lors des négociation sur le changement climatique sponsorisée par la Banque mondiale, les Nations Unies, quelques gouvernements et les corporations multinationales.
Le Réseau Ambiant Indigène a également lancé le “Guide pour les Peuples Indigènes : Non à la REDD !” le document qui explique d’une manière didactique les menaces que représentent les mécanismes de la REDD pour les 90 millions de personnes issues des peuples et des communautés qui habitent dans les forêts du monde entier.

Mexique : Le leader indigène Mariano Abarca a été assassiné avec une arme à feu dans la nuit de vendredi dernier, probablement pour être à la tête d’une campagne contre l’exploitation que la compagnie minière canadienne Blackfire réalise au sein du Chiapas.
Les parents de Abarca ont indiqué qu’un individu sur une moto a ouvert un feu contre le leader indigène, en lui assénant 2 coups de feu, l’un à la tête et l’autre dans la poitrine.

Mexique : Le lundi 30 novembre un groupe de 17 indigènes tzotziles ont quitté le siège du Programme de Nations Unies pour le Développement placée dans l’État du Chiapas qu’ils avaient occupé durant un mois.
Les manifestants indigènes occupaient le local pour réclamer la libération de leur leader, José Manuel Hernández, qui a été libéré mercredi dernier.

Nicaragua : Un document signé par des milliers de nicaraguayens a été livré à la Commission sur l’Environnement de l’Assemblée Nationale pour exiger l’approbation de la Loi de Conservation et d’Utilisation Soutenable de la Diversité biologique.
Les signataires demandent que l’initiative présentée au pouvoir législatif le 11 Juillet 2007 reprenne son cours et soit finalement adoptée dans les plus court délais.

Équateur : Plus de 250 enfants participent à la Rencontre Plurinationale pour l’Accomplissement de l’Agenda de l’Enfance et de l’Adolescence Indigène inauguré le lundi 30 novembre au Centre Culturel Itchimbía.
Sous la devise : “Nous revenons pour que nos rêves deviennent une réalité” l’événement propose d’actualiser l’agenda sous la protection de la nouvelle Constitution Politique dans la perspective de construire et d’appliquer des politiques publiques interculturelles dans le cadre du Sumak Kawsay (concept du « Bien vivre »).

Équateur : La Confédération Kichwa de l’Équateur célébrera son Troisième Congrès du 17 décembre au 19 décembre et espère réunir plus de 5000 délégués.
Dans l’agenda très fourni, se débattront les problèmes avec les entreprises qui pratiquent des activités extractives, ainsi que des sujets comme l’État plurinational, le régime du Bien Vivre, la révolution agraire et la redistribution de la terre, la nationalisation des ressources naturelles, de l’eau, de l’industrie minière et l’éducation interculturelle bilingue.

Pérou : Carlos Manrique, Directeur Régional de la Santé de Loreto, a annoncé la formation d’une commission spéciale chargée d’élaborer une proposition de traitement intégral contre l’hépatite B qu’il décime l’ethnie Kandozi.
Manrique a dit qu’il y a des traitements effectifs contre la maladie, mais ils coûtent à peu près 5 000 dollars par personne et par an pour un traitement qui doit durer de un an à un an et demi.
Le fonctionnaire a invoqué le Ministère de l’Économie et des Finances et la coopération internationale pour obtenir les fonds qui permettront de budgeter ce plan de traitement intégrale.
“Le gouvernement doit s’occuper des indigènes de l’ethnie Candoshi de Loreto qui se sont infectés avec l’hépatite B, puisqu’ils sont péruviens comme ceux qui vivent dans des zones urbaines du pays”,a déclaré Jamer Maniahuari Curitima, vice-président de la Coordination des Peuples Indigènes de San Lorenzo.
Il a ajouté que “nous allons continuer d’insister pour que le gouvernement intervienne puisqu’ils doivent veiller à notre santé et à nos droits, parce que nous sommes péruviens. Les centres de santé sont insuffisants pour s’occuper de ce type de cas, car on ne dispose pas de médicaments”.
Le porte-parole de la Fondation pour la Conservation de la nature (WWF), Giuliana Lucana a qualifié la situation comme "une urgence".
"En plus d’avoir souffert des manques dus à la pauvreté structurelle de la zone, avec des cas de malaria, de leshmaniose, de diarrhée et des pneumonies qui tuent les enfants de moins de cinq ans et mères enceintes sans accès à des services de santé. Ils souffrent maintenant du problème de l’hépatite B" a-t-elle expliqué.

Pérou : Le peuple Kichwa ne permettra pas l’exploitation des lots 180 et 181.
Le 2 décembre les Apus des communautés Kichwa de Lamas, San Martín, El Dorado, Picota, Bellavista et Juanjuí dénoncent le fait que le gouvernement péruvien et la compagnie PerúPetro, après avoir déjà bafoué le droit indigène de consultation, insistent pour ne pas respecter l’accord 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), accord traitant spécifiquement des droits des peuples autochtones et définissant des devoirs quant aux entreprises et aux gouvernements agissant sur leurs territoires.

Pérou : le Ministère de l’Education reconnait officiellement le premier collège aymara du pays, situé dans le districte de Ácora, à Puno. L’annonce a été faite par Raymundo Paquita durant de célébrations aymaras. Le collège a ouvrt ses portes début 2009, mais à cause des retards administratifs il n’était pas encore reconnu. Cette reconnaissance permet de garantir la validité des enseignements au sein de l’établissement.
[NDT : Les indigènes péruviens représentent eviron 45% de la population, les deux groupes majoritaires étant les Quechuas et les Aymaras. Par contre la langue aymara est parlée par 1,4% de la population contre 14,7 % pour le quechua et 75,5% pour l’espagnol].

Pérou : L’université San Antonio Abad de Cusco, société civile, défenseurs du peuple et les autorités locales unissent leurs efforts pour diffuser les droits des peuples indigènes. La Déclarations des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU a été présentée vendredi à l’auditorium du gouvernement régional de Cusco.
Après la présentation de la Déclaration, l’anthropologue et enseignant à l’université San Antonio Abad à Oscar Paredes Pando fera une conférence sur “Qu’est-ce que c’est l’indigène et qu’est-ce que c’est le rural ?” pour engendrer un débat sur ces deux concepts et pour unifier des critères sur ce sujet.
Cet événement fait une partie d’un Cycle de Forums, organisé par Servindi et Oxfam Amérique qui aura lieu dans 7 régions péruviennes afin de diffuser des informations sur l’importance du respect pour les droits indigènes. Ces forums se sont déjà déroulés à Pucallpa, Ayacucho et Satipo, après Cousco ils seront diffusés à Lima, en Amazone et à Puno.

Pérou : Amnesty International demande la révision des concessions dans la forêt péruvienne.
L’ONG a sollicité le gouvernement péruvien pour une révision totalle de la politique des concessions forestières à l’aide d’un rapport sur l’impact des exploitations sur les droits humains et l’environnement. Le rapport conclu qu’il faut arrêter la politique de concession en Amazonie et suspendre les activités minières ou pétrolières jusqu’à ce que l’on détermine leur impact réel et que les populations indigènes donnent leur accord pour une exploitation sur leurs terres.
Le rapport demande en plus l’arrêt des poursuites contre les représentants indigènes et le retrait de la demande de dissolution qui pesait contre l’Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne (AIDESEP).
De plus Amnesty fait remarquer que les familles des 20 policiers tués dans les événements de Bagua ont été indemnisées alors que cela n’a pas encore été fait avec les familles des dix morts civils indigènes.

Bolivie : Le Centre d’Études Juridiques et de Recherche sociale (CEJIS) et le Groupe International de Travail sur les Sujets Indigènes (IWGIA), conjointement avec Ore Media Production et HIVOS, projetteront le documentaire “Résistance. Voix des victimes du massacre de Bombé” le 14 décembre à La Paz.
La projection se déroulera à 18h30 heure locale, au Théâtre de Cámara dans la rue Genaro Sanjinés, croisement Indaburo, à côté du Théâtre Municipal, La Paz, Bolivie. L’entrée est gratuite.

Paraguay : Plus de 25 familles de la communauté indigène Tapyi Ha’eño, de Luque, ont annoncé qu’elles campent depuis mardi en face de l’Institut Paraguayen de l’Indigène (INDI), jusqu’à obtenir la destitution du cacique Daniel Aquino et jusqu’à nommer Arsenio González pour le remplacer.
Salustiano Mendoza, l’un des habitants natifs et manifestant, a indiqué qu’ils ont décidé cette protestation à la suite du manque d’attention de Daniel Aquino envers les communautés.

Chili : La Coordinatrice de la Communautés Mapuche a qualifié la mort du carabinier Claudio Godoy Benavente dans le conflit Arauco Malleco comme un acte de justice après qu’il se soit effondré et décède sans que personne ne le touche.
Le membre de la Force Spéciale des Carabiniers est mort d’un arrêt cardio-respiratoire tandis qu’il participait à une opération de répression pour empêcher que 40 copropriétaires mapuche de la communauté autonome Juan Quintrimil entent dans la propriété “Roble Huacho”, dans L’Araucanía.

Argentine : la communauté Mapuche de Patagonie dénonce une évacuation violente.
Au sud de l’Argentine, des membres de la communauté Paicil Antriao de la région de la cordillère des Andes de la province de Neuquén ont été délogés du territoire ancestral sur lequel ils habitaient. Mercredi dernier des dizaines de familles mapuche de la localité Villa la Angostura ont violemment été délogées par la police et ont vu leurs maisons détruites.
Le longko de la communauté, Ernesto Antraio a expliqué que ces évacuations ont été demandées par William Henry Fisher, citoyen étasunien qui met en place des mégaprojets touristiques dans la région. L’expulsion a été réalisé en présence du Secrétaire de la Sécurité de la Province, Guillermo Pellini et d’un procureur.
[NDT : il faut remarquer que le gouverneur de la provinde de Neuquén, Jorge Sobisch, s’est déjà illustré en 2007 par son intervention violente au moment des manifestations d’instituteurs entrainant la mort de Carlos Fuentealba. Jorge Sobisch avait été candidat aux élections présidentielles de 2007].
Ernesto Antriao insiste sur le fait que Fisher est un yankee disposant de beaucoup d’argent et qui a graissé la patte à tout le monde dans la région.

Panama : Appartenir à un peuple indigène devient dangereux au Panama.
D’un trait de plume les accords internationaux ont été gommés avec la Banque Mondiale qui élimine le Programme d’Education Interculturel Bilingue comme aux temps de la colonie espagnole on brûlaient les codex Mayas, les gravures indigènes, l’histoire, la langue. Lucy Molinar, l’actuel Ministre de l’Éducation interdit aux générations suivantes de rêver, de parler, d’écrire dans une langue Kuna, Gnäbe, Emberá, Buglé, Bri Bri.
Au coeur du canton de Ngäbe Bugle le gouvernement panaméen a autorisé l’ouverture de la mine Cerro Colorado, sans se soucier des populations indigènes du voisinage. Être indigène pour l’État signifie : envahissant, errant, étranger dans vos propres terres et territoires. Pour la compagnie Ganadera Bocas S.A le peuple Naso est un danger parce qu’il viole le droit de la propriété privé qui est au-dessu du droit de la propriété collective.
Être une petite fille ou un enfant Buglé, Wounaan ou Dule, c’est être dans les statistiques du plus grand taux d’analphabétisme au Panama, c’est être dans l’index de plus la grande mortalité et malnutrition infantile. Le gouvernement justifie que ces enfants indigènes ne méritent pas les terres héritées de leurs ancêtres, par la hausse du prix de l’essence, par l’augmentation du coût de l’électricité et que le sacrifice d’un petit groupe d’enfants signifierait un soulagement pour la population panaméenne, pour les entreprise privées, pour les multinationales qui investissent et génèrent des revenus pour le pays.
Être Indigène pour le gouvernement de Martenilli est avoir de mauvais sentiments, pensées perverses. D’un côté se gouvernement se défend internationalement par tous les moyens légaux dont il dispose, mais d’un autre côté il met autant d’acharnement à piétiner les droits indigènes alors que le Panama est signataire de l’accord 169 de l’OIT.
Le Président Martinelli a déclaré que l’une des priorités de son gouvernement est l’Interconnexion Électrique que la Banque mondiale doit faire passer par le territoire et les eaux de Kuna Yala, tout cela avec l’appui de la BID, les pays de la région la Colombie et le Mexique sans consulter ni respecter les décisions du peuple Kuna. Être Kuna implique être un obstacle pour l’énergie électrique de l’hémisphère, des multinationales, des bases militaires, et des entreprises minières.
Le Panama exproprie à la fois pour des projets d’exploitation des ressources naturelles par des multinationales mais aussi pour des projets touristiques.

Brésil : L’AMARC Brésil condamne une répression contre les radios communautaires.
L’Association Mondiale des Radios Communautaires (AMARC) du Brésil a exprimé son soutien aux présentateurs Jerry de Oliveira et Djanira Vilella arrêtés par la police locale dans l’état de San Pablo pour avoir émit sur la radio communautaire.
Jerry de Oliveira est coordonnateur de l’Association Brésilienne de Radiodiffusion Communautaire Abraço Sud-est et Djanira Vilella est coordinatrice de la Radio Manantial.
L’AMARC Brésil dénonce le caractère anti-démocratique de cette intervention et exige une enquête car la police locale n’a pas le droit d’intervention dans le domaine de la radiodiffusion, seule la police fédérale a ce droit.
condena represión contra radialistas comunitarios

Sources :
Servindi
Mundo Indígena al Día : Edición Internacional, 04 de diciembre de 2009 (audio)
Perú : Pueblo Kichwa no permitirá explotación de lotes 180 y 181
Perú : Ministerio de Educación reconoce oficialmente primer colegio aymara del país
Perú : MINSA elaborará plan integral para combatir hepatitis B que diezma a etnia Kandozi
Perú : Difunden Declaración ONU sobre Derechos de Pueblos Indígenas en Cusco
Panamá : Ser indígena se está poniendo peligroso en Panamá
Agencia Pulsar
Amnistía Internacional pide revisión de concesiones en la selva peruana
Comunidad Mapuche de la Patagonia argentina denuncia desalojo violento
AMARC Brasil condena represión contra radialistas comunitarios

Traduction & synthèse : Primitivi