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Commémoration des 65 ans de la Nakba

Le Droit au retour et la question des refugiés en Palestine

dimanche 26 mai 2013, par Primitivi

Le mardi 14 et mercredi 15 mai, les Palestiniens ont commémoré le 65e anniversaire de la Nakba dans les territoires palestiniens occupés. Dans certaines parties de la Cisjordanie les manifestations se sont retrouvées dans des affrontements entre les Palestiniens et les forces d’occupation israéliennes .

Une photographe palestinienne se tient pendant une minute de silence pour commémorer la Nakba à une cérémonie organisée par des étudiants palestiniens et israéliens à l’entrée de l’Université de Tel Aviv. Activistes d’extrême droite qui protestaient contre la cérémonie et policiers sont visibles dans l’arrière-plan. 13 mai 2013

Les 13, 14 et 15 mai l’ensemble des principales villes de Palestines se sont mobilisées autour de manifestations concernant le droit au retour des réfugiés palestiniens placés dans des camps depuis 1948 et 1967 ( apres la guerre des 6 jours ).

Ces deux tournants historiques sont intitulés Nakba ( catastrophe en arabe ). Les réfugiés palestiniens qui sont aujourd’hui au nombre de 7,2 millions, attendent toujours de retourner chez eux. Le droit au retour est symbolisé par des drapeaux noirs et l’illustre clef de retour, qui orne de nombreuses places et entree de camp.

Les manifestations annuelles populaires sont de plus en plus célébrées les 13 et 14 mai au lieu du 15 afin de se démarquer des défilés officiels organisés par les autorités palestiniennes. Les réfugiés palestiniens expliquent qu’ils ne se sentent pas soutenus par ces représentants du pouvoir de plus en plus consensuelles avec le gouvernement d’israel. Les réfugiés palestiniens subissent de nombreuses restrictions de libertés, et sont davantage surveillés que leur concitoyens vivant dans des villes et villages. Les camps représentent pour les autorités un fort potentiel d`insurection. Afin de contrer toute initiative politique polpulaire, la délation est encouragée par les autorités palestiniennes. Ces dénonciations de voisinage bien que minoritaires causent chaque trimestre de nombreuses arrestations arbitraires. Il n’y a pas une famille de réfugié dont les hommes ou femmes ont été en prison.

A Deihshei, les militants politiques recoivent regulierement des convocations officielles afin de justifier de leurs actions. Hier encore le réalisateur Wisam Al Jafari ( voir article 616 ) a recu une obligation a comparaitre devant les autorites palestiniennes afin d’expliquer la manifestation contre la hausse des prix qui a eu lieu le vendredi 23 May dans les rues de Deihshei. Wisam n’était pas présent sur cette action, mais faisant partie de la liste noir des personnes politisés, et potentiellement dénoncés à tort, il se doit de se rendre aux autorités de Bethlehem afin de suivre un interrogatoire de 24h ! Autre tactique, la radio tenue par Nedal ’’ Unity Voice ’’ qui chaque jour fait part de la situation politique des prisonniers palestiniens a été fermé il y a quinze jours par les autorités palestiniennes, sans aucun motif la porte de la radio a ete condamné avec un ordre de ne pas réouvrir. Parmi les situations les plus absurdes les habitants de Deihshei racontent que des sommets on été atteints lorsque une fois dénoncé, une jeune étudiante a été mis en prison, , pour avoir révé qu’elle tuait un soldat israelien.

Cette année, les marches populaires non violentes ont été largement réprimés par les autorités sur les villes de Jérusalem et Ramallah.

A Bethlehem la commémoration s’est déroulée dans un calme relatif en centre ville

mais les check point aux alentours ont été le terrain de nombreux affrontements entre les lanceurs de pierres et l’armée israélienne.

Environ cent jeunes Palestiniens se sont rassemblés sur la route menant à la prison d’Ofer, dans la région de Ramallah Beitunia, jetant des pierres et des cocktails Molotov et la mise en pneus en feu. L’armée israélienne a riposté en tirant des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur la foule environnante. « Nous sommes ici pour afficher les Israéliens nous n’avons pas peur, que nous sommes avec les prisonniers à Ofer",

La droite israélienne mène une guerre sur l’histoire de ces dernières années, en utilisant des mesures extrêmes pour éliminer la preuve de la Nakba du discours national. la "loi Nakba », qui autorise le ministre des Finances a retirer les fonds des organisations commémorant la journée.

De Tel Aviv à Jérusalem et dans toute la Cisjordanie et Gaza, des militants ont défilé pour faire valoir une histoire qui n’est plus contestée par les historiens israéliens comme Benny Morris , qui, malgré son virage à droite, reconnaît encore que « dans le cas d’Israël, le moment de sa naissance fut aussi le moment de la destruction et de gros déplacements de la société palestinienne ".

Dans le magazine Yedioth Hakibbutz un entretien de trois pages avec un membre du kibboutz Degania, Yerachmiel Kahanovich, un ancien combattant de la Palmach (la résistance juive qui a précédé l’IDF), dans lequel Kahanovic avoué son rôle dans l’expulsion et assassiner des Palestiniens pendant la guerre de 1948.

Pour plus de ressources sur l’histoire de la Nakba, visitez les sites web de Zochrot (organisation israélienne consacré à la sensibilisation sur la Nakba) de l’ONG palestinienne Badil .

La catastrophe de la Nakba fût aussi la destruction entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine, avec ses 250 habitants massacrés par les forces militaires israéliennes.

La commémoration de la Nakba est un révélateur de l’oppression encore effective de la colonisation israélienne qui s’est accentuée considérablement ces derniéres décennies. En plus de l’édification depuis l’année 2002 du mur de séparation israélien, dénoncé comme un "mur de l’apartheid", et empiétant sur la Cisjordanie, et qui doit s’étendre à terme sur 708 km. Achevée à près des deux tiers, le mur de la honte se trouve à 85 % en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, dont El-Qods-Est occupée.

Un avis rendu en 2004 par la Cour internationale de justice (CIJ) a pourtant jugé cette barrière illégale et exigé son démantèlement, de même que l’Assemblée générale de l’ONU. Le projet dans la zone E1 relierait une implantation sauvage israélienne à des quartiers de colonisation à El-Qods-Est et couperait en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d’un Etat palestinien indépendant. La communauté internationale considère illégales toutes les colonies israéliennes et ne reconnaît pas l’annexion en 1967 d’El-Qods-Est, où les Palestiniens veulent établir la capitale de leur futur Etat indépendant auquel ils aspirent. Un rapport de l’ONG israélienne "La Paix Maintenant" a relevé que 2012 avait été une année record en matière de colonisation, le gouvernement a donné son feu vert à 6.676 nouveaux logements dans les implantations de Cisjordanie et d’El-Qods-Est. Israël a donné son feu vert à la construction de près de 300 logements dans la colonie de Beit El en Cisjordanie.

Pour suivre l’actualite en Palestine nous vous invitons a vous rendre sur les site de http://www.palestinemonitor.org/ Pour un focus sur la situation des Refugee Camp : visitez le site de Badil http ://www.badil.org/ et de Zochrot http://www.zochrot.org/en Nous remercions le service photographique remarquable des militants de Activestills http://activestills.org/ > Ce collectif de photographes israéliens, palestiniens et internationaux, sont unis par la conviction que la photographie est un vecteur de changement politique et social, vous invitons a vous rendre sur leur site.

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