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Honduras : évolution de la situation, histoire de lobby et le plan B des entrepreneurs putschistes

Ou comment les entrepreneurs putschistes honduriens veulent le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière ...

mercredi 30 septembre 2009, par Primitivi

Maintenant de bonne relations avec les USA, Zelaya répond néanmoins à la "grossièreté" de l’ambassadeur intérimaire américain à l’OEA, Lewis Amselem qui avait cru bon de traiter M. Zelaya d’irresponsable. Dans le pays la répression féroce continue, et les jugements iniques se poursuivent dans les tribunaux. De son côté le gouvernement de facto tente de redorer son blason aux USA en achetant les services de lobbyistes pour près de 290 000 dollars, campagne qui parait mal engagée vu l’évolution de la situation. De leurs côtés les entrepreneurs qui avaient soutenu le putsch tentent de sauver leurs meubles et leur argent en proposant un plan pour le moins empoisonné pour le Honduras.

Dernière mise à jour (1er oct 15h30) visible ici : Le deuxième coup d’état hondurien est arrivé aujourd’hui parce que le premier avait échoué.

Zelaya considère comme grossières les déclarations du représentant des USA devant l’OEA

Ces déclarations sont "malheureuses, totalement particulières et en dehors d’un contexte" a déclaré Zelaya, et il a réaffirmé que la communauté internationale exige son retour en tant que président.

Le président constitutionnel du Honduras, Manuel Zelaya, a qualifié ce mardi les déclarations de l’ambassadeur intérimaire américain à l’Organisation des États Des américains (OEA), Lewis Amselem, comme "grossières" et "hors de contexte", et il a affirmé qu’il appuie seulement ce qui est dit par le Ministère, Hillary Clinton et le président Barack Obama, "ceux qui travaillent pour ma restitution".

"Il a été très grossier et ces déclarations ont été malheureuses (...) j’en reste aux déclarations qu’a faite la secrétaire Clinton et le Président Obama, qui travaillent à ma restitution et à la reconstruction du système démocratique hondurien", a exprimé le mandataire dans un entretien exclusif offert à TeleSUR.

Le chef d’État constitutionnel a répondu ce lundi au représentant intérimaire des États-Unis devant l’OEA, Lewis Amselem qui avait déclaré que "le retour du président Zelaya au Honduras est irresponsable et idiot et il ne sert pas aux intérêts de son peuple et à ceux qui cherchent le rétablissement pacifique de l’ordre démocratique au Honduras".

Il a défini que ces déclarations sont "malheureuses, totalement particulières et en dehors du contexte" et il a réaffirmé que la communauté internationale exige son retour à la présidence. Zelaya est réfugié depuis une semaine dans l’ambassade du Brésil dans Tegucigalpa depuis son retour surprenant au pays, au milieu d’une forte pression de l’armée qui a lancé des attaques aux gaz et des attaques sonores contre le siège diplomatique.

Le régime de Roberto Micheletti a donné un ultimatum de 10 jours au gouvernement brésilien pour qu’il définisse le statut social de Zelaya dans l’ambassade ou sinon le gouvernement de facto décidera de retirer le caractère diplomatique au bâtiments.

A cela, le président constitutionnel a répondu que la seule personne qui doit définir son statut social dans ce pays est Roberto Micheletti, parce que ce dernier dirige une "dictature qui réprime le peuple" mise en place après le coup d’état exécuté le 28 juin passé.

"Le Brésil reconnaît mon statut social comme président hondurien parce que ma vie court un risque (...) il faut dire à Micheletti qu’il définisse son propre statut social, et pas le mien", a dit le président. Il a remercié son homologue brésilien, Luiz Inácio Lula Da Silva, pour avoir eu des principes démocratiques après l’avoir laisser être hébergé dans son ambassade et par son intention d’appuyer le rétablissement d’un ordre constitutionnel au Honduras.

Il a aussi alerté la communauté internationale pour que cette dernière soit plus ferme face à la situation qui arrive au Honduras, parce que sinon "l’oligarchie utilisera ce coup d’état pour le répandre en Amérique Latine".

"Si au Honduras le coup n’est pas reversé, tous les présidents sud américains devront être très prudent parce que chaque oligarchie les sortira grâce à des coups militaires (...) des coups d’état ne doivent plus être permis au 21e siècle", a-t-il déclaré.


Une réclusion préventive contre plusieurs membres de la Résistance

du Réseau Hondurien de Nouvelles - de RedHN. Tegucigalpa, 29/09/2009 :

20h00 . - Aujourd’hui mardi 29 septembre, au Tribunal Pénal de la Section Judiciaire de Tegucigalpa, a continué pour le deuxième jour le jugement politique contre les membres de la Résistance qui ont été arrêtés mardi passé, 22 septembre quand une évacuation violente des manifestants a été lancée par la police et l’armée dans les rues proches de l’ambassade du Brésil.

Alba Leticia Ochoa, Présidente du Comité des Inculpés et des Détenus politiques du Honduras (CPPH) de formation récente, il a affirmé ce jour que “le jugement contre les jeunes hommes et les femmes qui il est entrain de se passer dans les tribunaux de la capitale est un jugement politique contre toutes les personnes qui manifestent dans les rues et qui luttent contre du coup d’état. Gagner ce jugement, a-t-elle déclaré, est une lutte pour nos droits à manifester, à protester.”

Aujourd’hui, après la fin les audiences initiales, une peine de prison a été prononcée contre la professeure Agustina Flores López (50 ans) pour sédition et pour des dommages à la station de police du quartier Guadalupe. La professeure Agustina a été capturé près du siège de la mission diplomatique brésilienne et dans la vidéo qui montre sa capture on peut observer qu’elle est violemment frappée par un agent de la police tandis que plusieurs militaires et policiers l’immobilisaient.

L’agent de police qui a frappé la détenue a été l’un des témoins à charge présenté par le Ministère Public , il allègue que l’accusée s’est cognée elle même, malgré les preuves déposées et visualisées par le tribunal.

Dans les autres audiences qui ont eu lieu ce même jour, une peine de prison a aussi été décrété contre Santos Reynaldo García Moncada (24 ans) et Antonio Porta Álvarez (50 ans), accusés de sédition et de dommage aggravé à deux patrouilles de la police.

Álvarez est un touriste espagnol qui au moment de sa capture était au Honduras depuis seulement quatre jours et maintenant reste prisonnier dans des conditions lamentables au Pénitencier National, qui enferme dans un entassement total des milliers de personnes pour différents délits, ces détenus se trouvent enfermés sans avoir assez à manger et en étant obligé de dormir sur le sol, sans aucune couverture ni équipement.

Pour les audiences de la journée d’hier, ont été emprisonnés, les jeunes hommes Elmer Joel Izaguirre Martínez, German David l’Avila et Marco Alejandro Gutiérrez Sosa, tous de Tegucigalpa. Ceux-là ont été mis en réclusion préventive pour vol bien qu’aucune preuve n’ait été apportée.

Mercredi aura lieu l’audience initiale du jeune Carlos Humberto Ávila Pavón, de Tegucigalpa, actuellement prisonnier au Pénitencier National, à Tamara. Ce dernier est accusé de terrorisme, il a été trouvé sur lui une grenade fumigène lors de son arrestation, utilisée en général dans les stades de football, que l’accusation considère comme arme de guerre.

Jusqu’à présent uniquement six non-lieux provisoires ou liberté provisoire ont été décrétés pour un nombre égal de détenus.
Les organisations nationales des droits de l’homme s’inquiètent de l’insistance des agents du Ministère Public de se porter témoins, alors que ce sont les mêmes policiers qui capturent et agressent les détenus, elles s’inquiètent également pour l’augmentation de la répression contre les membres du Front National de Résistance contre le Coup d’État.


Le Honduras signe avec une entreprise de relations publiques pour améliorer son image aux États-Unis

Washington, le 29 septembre (EFE).-Le gouvernement de facto du Honduras, qui affronte les pressions de la communauté internationale pour résoudre sa crise interne, a signé un contrat avec une entreprise de relations publiques pour améliorer sa mauvaise image États-Unis, a publié aujourd’hui le quotidien législatif The Hill.

En citant des documents du Département de Justice étasunienne, le quotidien a publié dans sa version électronique que le gouvernement de Tegucigalpa a acheté les services de l’entreprise Chlopak Leonard Schechter & Associates pour une période de quatre mois, et pour un coût qui surpasse les 290.000 dollars.

Selon les documents présentés devant le Département de Justice le 18 septembre passé, l’entreprise a indiqué que son travail sera de "promouvoir le niveau de communication, de conception et l’attention des médias et des responsables de politique sur la situation politique au Honduras".

C’est le premier contrat que souscrit le gouvernement du président intérimaire Roberto Micheletti depuis le coup d’état qui la mis en place et a expulsé il y a trois mois le président hondurien Manuel Zelaya, coup d’état qui a été condamné par la communauté internationale.

Selon le contrat souscrit avec Chlopak, l’entreprise réalisera des contacts avec les conseillers de leaders du Congrès pour "améliorer l’image du gouvernement de facto" et aussi avec les médias et les annalistes politiques, a indiqué le quotidien. Au moins neuf personnes traiteront le dossier du Honduras, plusieurs desquels ont une grande expérience du monde politique à Washington. [NDT : En somme un pur travail de lobbying, voir une transcription (en 14 vignettes, style powepoint) de cet accord sur le compte zoho de maxich]

Mais l’entreprise démarchée par Tegucigalpa affronte un problème de coût plus élevé parce que la crise au Honduras est arrivée dans une nouvelle phase depuis que Zelaya est rentré au pays de manière impromptue, il est réfugié depuis le 21 septembre passé à l’ambassade du Brésil.

Washington a instamment prié les deux parties de chercher une solution négociée pour résoudre la crise, et dit que, dans les circonstances actuelles, les États-Unis ne reconnaîtront pas les résultats des élections présidentiels du 29 novembre prochain.

Les États-Unis veulent que le gouvernement de Micheletti accepte l’Accord de San José, géré par le président du Costa Rica, Óscar Arias, pour que Zelaya soit restitué et accomplisse son mandat jusqu’en janvier 2010. Comme mesure de pression, Washington a suspendu l’assistance américaine et les visas pour les immigrants honduriens.


Des entrepreneurs proposent de continuer le coup d’état sans putschistes

[NDT : pour cette partie je recommande de lire en parallèle l’article de Ricardo Arturo Salgado ici, c’est très éclairant]

Un groupe d’entrepreneurs influents honduriens ont proposé ce mardi un plan pour résoudre la crise politique qui comprend la restitution de Manuel Zelaya au poste de président, mais avec des pouvoirs restreints et avec l’envoi d’une force militaire multinationale d’interposition.

Le plan pour trouver une solution rapide à la crise hondurienne prévoit que Zelaya soit réinstallé au pouvoir, mais que tout de suite il se soumette aux tribunaux de justice pour répondre des faits qui lui sont reprochés, a informé le leader des industriels, Adolfo Facussé, selon l’AFP.

"Le président (de facto) Micheletti, dont nous attendons une attitude patriotique, retournerait au Congrès non comme président mais comme simple député" et un poste en viager [NDT : un mandat de député à vie] serait cherché pour lui, ce qui est inédit mais n’est pas interdit par la loi, a assuré Facussé, qui est à la tête du groupe qui a fait la proposition.

Pour garantir l’acceptation de l’accord par toutes les parties, on demanderait l’envoi d’une force multinationale, composée d’environ 3.000 militaires ou de policiers du Canada, du Panama et de la Colombie, a dit Facussé, qui n’a pas précisé si cette forces armée devrait être placée sous la tutelle d’ONU ou non.

"Ce plan est le produit de la discussion d’un grand groupe d’entrepreneurs et d’autres citadins honduriens, l’idée principale est encadrée par le plan du président du Costa Rica, Oscar Arias, avec des modifications complémentaires pour répondre aux préoccupations de quelques secteurs", a déclaré Facussé.

Il propose aussi que le président Zelaya délègue le commandement des forces armées au Conseil des Ministres et la faculté de modifier les membres de son cabinet au Congrès.

Selon cette proposition, a dit Facussé, les Ministres seraient nommés par les partis politiques dans la même proportion des votes qui ont été obtenus aux les dernières élections en novembre 2005, et ils pourraient être destitués seulement par le vote au deux tiers des députés.

Parallèlement, les entrepreneurs sollicitent la communauté internationale pour qu’elle donne son aval aux élections du 29 novembre et que l’OEA et d’autres organismes envoient des observateurs qui certifient "la transparence du processus et la légitimité des résultats", a indiqué Facussé.

Ils demanderaient une assistance économique aux États-Unis pour les dommages qui ont été occasionné à l’économie hondurienne par les sanctions adoptées par Washington, tel que la suspension des visas (à des fonctionnaires et à des entrepreneurs honduriens) et le gel des aides, ainsi qu’un moratoire pour les expulsions des honduriens qui vivent aux États-Unis, a dit l’entrepreneur.

Facussé indique également que la proposition a été présentée, entre autres, à Micheletti, aux candidats à la présidence, l’ambassadeur des États-Unis, Hugo Llorens, et à l’évêque auxiliaire de Tegucigalpa, Juan José Pineda, qui agit comme médiateur dans les négociations entre le gouvernement de facto et de Zelaya. [NDT : l’évêque Juan José Pineda fait parti des soutiens actifs au coup d’état du 28 juin, voir ici, il est régulièrement cité sur Radio Liberada]

La crise politique, qui s’est initiée le 28 juin passé avec le coup d’État et la destitution de Zelaya, a aussi frappé le secteur de production national et elle a causé des pertes se comptant par dizaines de millions de dollars.



Sources :
TéléSur
Zelaya considera groseras declaraciones del representante de EE.UU. ante la OEA

Vos El Sobrano
Honduras contrata firma de relaciones públicas para mejorar su imagen en Estados Unidos
Segundo día de juicios políticos : Prisión preventiva contra varios miembros de la Resistencia
Empresarios proponen que continúe el golpe sin golpistas


Traduction / Synthèse : Primitivi

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